dimanche 24 novembre 2013
lundi 11 novembre 2013
(VIDÉOS) Anniversaire du Retour d'Exil de Cheikh Ahmadou Bamba: Conférences de Serigne Ndiaga Diop Baye Fall
samedi 9 novembre 2013
RAMADAN À TOUBA :Au cœur des « ndogous » Baay-Fall
Repas à base de viande, grande mobilisation d’hommes et de femmes, zikrs du début à la fin, acheminement mouvementé des plats vers Touba. Les « ndogous » des Baay-Fall au niveau de la cité religieuse sont un événement annuel exceptionnel qui fait vibrer toute une ville le temps d’un mois. Entamée depuis 1915 à Diourbel par Mame Cheikh Ibra Fall, la tradition est perpétuée par les fils et les petits-fils de ce dernier. Des scènes inédites, des secrets jamais révélés jalonnent la journée de confection de ces repas. Un tour chez les Bay-Fall permettra de rencontrer celle qui, si homme, aurait été l’actuel Khalif Général des Mourides. Lors de ce reportage, ont été recueillis des propos de Serigne Cheikh Ndigël Fall et de Baye Ridial Seck.
Il est 10 heures, l’envie nous vient d’aller passer la journée avec ces Baay-Fall. Deux points importants sont au menu de la visite : la demeure de Serigne Cheikh Ndigël et celle de Serigne Cheikh Ridial Seck. 11 heures, l’honneur nous ai donné de rencontrer le plus célèbre des marabouts Baay-Fall.
Origine des « ndogous » avec Serigne Cheikh Ndigël
Fils de Serigne Cheikh Fall Bayyub Goor Ibn Serigne Modou Moustapha Fall qui est l’ainé de Mame Cheikh Ibrahima Fall, Serigne Cheikh Ndigël Fall, est sans doute l’une des figures religieuses les plus connues de la communauté Baay-Fall du Sénégal. Le marabout, guide spirituel de milliers de disciples mourides Baay-Fall habite la mythique cité de Palène à Mbacké. Palène est selon les historiens le plus important quartier général des Baay-Fall dans le Baol. Au milieu de ses talibés à quelques heures de la coupure du jeûne, l’homme acceptera, malgré tout, de revenir sur l’historique des « Ndogous ». Ainsi, nous apprendra-t-il que c’est « Serigne Touba qui avait appris un jour à Mame Cheikh Ibra Fall qu’il attendait un étranger qui devrait venir lui rendre visite et qu’il voudrait réserver à celui-ci un accueil exceptionnel . C’est au fil du temps que Mame Cheikh Ibra Fall devait se rendre compte que son marabout faisait allusion au mois de Ramadan. Conscient de l’importance que son marabout accordait à ce mois béni de l’Islam, le Cheikh s’était résolu à confectionner, quotidiennement, des mets à base de poulets qu’il proposait à son Guide religieux aux heures de rupture du jeûne. Le premier « ndogou » était un coq.
Depuis, les fils de Cheikh Ibra se sont évertués à perpétuer cet acte devant les fils de Serigne Touba et aujourd’hui, c’est autour des petits-fils d’en faire autant avec les petits-fils du Cheikh. L’important pour nous qui le faisons, c’est de savoir que c’est un geste destiné à Dieu et que Seul Dieu rétribuera. Nous n’attendons personne pour le faire et n’épargnerons aucun franc ou aucune énergie en le faisant », a confié Serigne Cheikh Ndigël Fall. Des sources renseignent que c’est en 1915 que le premier des Baay-Fall avait offert à Cheikh Ahmadou Bamba un repas à l’heure de la rupture. Après Mame Cheikh Ibra Fall, les « ndogous » ont eu comme maitre d’œuvre Serigne Moustapha Fall son ainé, qui a servi Serigne Moustapha Mbacké et Serigne Fallou Mbacké. Ce fut, ensuite le tour de Serigne Assane Fall, de Serigne Abdoulaye Fall Ndar et de Serigne Abdou Sakoor Fall qui ont perpétué la tradition auprès de Serigne Abdou Lahad Mbacké et Serigne Abdou Khadre. Et, l’on se rappelle les excellentes relations qui ont lié Serigne Modou Aminata Fall et Serigne Saliou Mbacké de 1990 à 2006. C’est pendant cette période que les « ndogous » ont pris cette immense envergure. La tradition se poursuit, de nos jours, avec Serigne Cheikh Dieumb Fall et ses « diawrignes » Serigne Cheikh Ndigël, Serigne Cheikh Ridial.
Chez Serigne Cheikh Ndigël
C’est une foule immense qui se retrouve tous les jours, depuis le début du mois de Ramadan, devant la concession du marabout à Niari Baay-Fall. Habillés de tuniques de couleur jaune et noir, les disciples du Cheikh n’osent pas s’asseoir tant que la cuisson des repas n’est pas terminée. De grands groupes sont formés et chaque unité s’active autour de quelque chose. Les femmes, logées à l’intérieur du quartier général, épluchent les oignons, les pommes de terre, les patates, les carottes. Elles lavent les condiments et les bols alors que plusieurs autres dames s’affairent autour des marmites. La fumée jaillit de partout, le ciel est noir, la sueur coule des fronts au rythme des « zikrs » scandés sans arrêt du matin au soir. A quelques mètres de là, il y a les hommes qui égorgent les moutons et les bœufs. Il s’agira ensuite pour eux, de dépecer les animaux, de partager la viande entre les différentes marmites déjà posées sur le feu. Sur la route qui mène de Touba à Mbacké, l’on prépare déjà les repas du lendemain. Des Baay-Fall, munis de calebasses, interpellent les piétons et les voyageurs. Ils répéteront, sans cesse, « aycca mouride, ci ndigu-li » (ô vous les mourides ! Votre participation pour la confection des repas). Fait notoire, durant toute la cuisson, aucune femme ne goûtera à la sauce à base de viande. Une dame dira que « goûter à la sauce équivaudrait à donner au marabout des restes ». A 17 heures, les repas sont prêts. Les bols sont disposés en file. Les femmes les remplissent et les referment. Le marabout vient pour les besoins de la supervision parce que, nous raconte-t-on, il faut qu’il s’assure que tous les plats sont bien faits.
Chez Serigne Ridial Seck
Même décor, mêmes activités, mêmes plats proposés. « Depuis plusieurs années, on a cessé de préparer du riz à la viande. Serigne Cheikh Ridial a inauguré l’ère des sauces à la viande, sachant que celui qui prépare du riz à la viande avoue son impuissance à proposer suffisamment de viande », articule Serigne Saliou Seck, membre de la famille. Baye Ridial Seck, entouré de ses disciples, invitera ses derniers à redoubler d’efforts dans la confection des « ndogous ». « Ces « ndogous », c’est un devoir pour nous de les offrir à nos guides spirituels. Que chacun d’entre nous sache que nous n’avons pas le choix ! Quelqu’un qui n’a pas de choix à faire, doit faire de ses obligations et de ce manque de choix, à faire des moments de bonheur. N’attendez personne et n’acceptez que personne ne vous retarde ! ». Ici les Baay-Fall sont vêtus de tenues jaune et noir. Le dispositif de mise chez Serigne Cheikh Ndigël, est presque le même chez ses locataires de la cité de Darou Khoudoss. Les hommes se chargent de l’abattage du bétail et de sa répartition, alors que les femmes s’affairent autour de la cuisson. Les « zikrs » ne manquent pas aussi à l’appel. Assis à même le sol, Serigne Baye Ridial Seck reçoit les « adiyas » (don) de ses disciples. La réflexion est déjà posée sur les repas du lendemain.
Le « Yoonu Ndogou »
Il est 17 heures à Palène comme à Darou Khoudoss. C’est le moment, plus que jamais, d’acheminer les mets sur Touba. A Palène, des véhicules sont disposés tout au long de la route. Serigne Cheikh Ndigël, à bord de sa voiture, dirige le convoi. Les repas sont disposés sur un camion bleu. Des mototaxis Jakartas passent devant le cortège, klaxonnant et clignotant. Derrière le cortège, les chants ont repris de plus bel et iront crescendo au fur et à mesure qu’on s’approche de la mosquée. A Darou Khoudoss, seul le marabout et les autres dignitaires religieux font le déplacement en voiture. Tout le reste devra braver la distance à pied. Les plats, contrairement chez leurs condisciples de Palène handicapés par la distance, sont portés sur la tête par des Baay-Fall. A pas cadencés, ils avancent, indifférents à la chaleur des récipients. Autre fait notoire, durant leur passage, les véhicules qui passent sont déviés. Armés de gourdins, autant dire que ces baay-fall ne peinent pas à débarrasser la route de tous autres éléments encombrants. Le spectacle est unique dans son genre. Des hommes se permettront même de se donner des coups de gourdins au dos. Les tuniques deviennent sanguinolentes, attirant la curiosité des badauds.
Sokhna Khady Fatma Mbacké recevant les Ndogous
Cette femme est la plus âgée de la grande famille de Serigne Touba. Elle aurait été un homme, aujourd’hui, c’est elle qui aurait occupé les fonctions de Khalife Général des Mourides. Fille ainée de Serigne Modou Moustapha Mbacké, premier Khalif de Touba, Sokhna Khady Fatma n’est pas loin de la centaine. Depuis plusieurs années, c’est elle qui reçoit les « ndogous » préparés par la famille de Serigne Cheikh Ridial Seck. Malgré son âge très avancé, elle n’a aucun trou de mémoire et reconnait ses proches à première vue. Lorsque tous les repas arrivent, la Mbacké-Mbacké délègue des personnes. Ces dernières seront chargées de distribuer les plats aux nécessiteux déjà à l’affût devant sa concession de Darou Khoudoss.
Les Ngodous, une aubaine pour les pauvres
« Nous faisons partie des rares personnes qui voudraient que toute l’année soit Ramadan car c’est pendant le mois de Ramadan que nous avons droit à de bons repas faits à base de viande. Nous arrivons aux environs de 17 heures pour disposer nos récipients devant la porte. Moi, je viens ici et j’envoie ma fille au niveau de la maison du Khalif. Là-bas aussi les repas sont d’une excellente qualité. Ainsi, nous avons de quoi dîner et de quoi manger pour le « kheud » (repas de l’aurore), confie une dame qui s’empressera de prier longuement pour Sokhna Khady Fatma et pour Baye Ridial.
Source: L'Office
Sénégal carnet de route du Magal de Touba: dans l’antre de «Niary Baye Fall»
Touba est le point
d’attraction des fidèles mourides. «Niary Baye Fall» à Mbacké est le
point de chute des Bayes Fall. Cette résidence, terre d’accueil des
petits-fils et disciples de Mame Cheikh Ibra Fall a pris d’assaut par
des milliers d’individus venant des divers coins de la planète. Les
Bayes Fall expatriés ne ratent pour rien au monde l’occasion de passer
le grand Magal de Touba à Niary Baye Fall où les zikrs envahissent
l’atmosphère et enveloppent Mourides et Bayes Fall dans une ferveur
indescriptible. Focus dans cet autre monde.
C’est un repère très connu des fidèles Mourides. «Niary Baye Fall»
est le bastion des disciples de Mame Cheikh Ibrahima Fall, l’un des
très fidèles compagnons de Cheikh Ahmadou Bamba. Il est situé à l’entrée
de la ville de Mbacké à sept kilomètres de la cité religieuse, Touba
(195km au centre).
«Niary Baye Fall» se singularise par l’immensité de la demeure mais
aussi la représentation par un dessin de deux Bayes Fall avec leur
mortier à l’entrée comme des soldats en faction.
La philosophie des descendants de Lamp Fall
A l’image des autres, ces adeptes de Cheikh Ahmadou Bamba et de la confrérie du Mouridisme se reconnaissent avec leurs dreadlocks, leurs habits multi couleurs et une ceinture à la taille. Très souvent, ils ne mettent pas de chaussures. Ils vouent un pouvoir total et une croyance absolue en Dieu et au marabout. La philosophie du Baye Fall est détachée de toutes possessions matérielles. «Tout se partage, le don de soi est naturel, et la foi en l'humain est essentielle. On ne devient pas Baye Fall, on naît Baye Fall», se glorifient-ils.
A l’image des autres, ces adeptes de Cheikh Ahmadou Bamba et de la confrérie du Mouridisme se reconnaissent avec leurs dreadlocks, leurs habits multi couleurs et une ceinture à la taille. Très souvent, ils ne mettent pas de chaussures. Ils vouent un pouvoir total et une croyance absolue en Dieu et au marabout. La philosophie du Baye Fall est détachée de toutes possessions matérielles. «Tout se partage, le don de soi est naturel, et la foi en l'humain est essentielle. On ne devient pas Baye Fall, on naît Baye Fall», se glorifient-ils.
L’organisation à «Niary Baye Fall»
Les Bayes Fall se sont implantés dans cette célèbre résidence depuis des décennies sur ordre de leur maître «incontesté», Serigne Touba, le fondateur du mouridisme. C’est une immense maison bien compartimentée. Ils sont ainsi logés dans des cases en fonction de leurs localités de provenance. Ce QG des Bayes Fall abrite plus d’une centaine d’adeptes. En période du grand Magal, ce nombre peut être doublé ou triplé. En effet, les disciples de Mame Cheikh Ibrahima Fall comme ils aiment à le dire viennent un peu partout des quatre coins du globe pour célébrer le départ à l’exil de leur mentor, Cheikh Ahmadou Bamba.
Les Bayes Fall se sont implantés dans cette célèbre résidence depuis des décennies sur ordre de leur maître «incontesté», Serigne Touba, le fondateur du mouridisme. C’est une immense maison bien compartimentée. Ils sont ainsi logés dans des cases en fonction de leurs localités de provenance. Ce QG des Bayes Fall abrite plus d’une centaine d’adeptes. En période du grand Magal, ce nombre peut être doublé ou triplé. En effet, les disciples de Mame Cheikh Ibrahima Fall comme ils aiment à le dire viennent un peu partout des quatre coins du globe pour célébrer le départ à l’exil de leur mentor, Cheikh Ahmadou Bamba.
Le Magal des Bayes Fall
C’est la veille du Magal. Les Baye Fall organisent un «thiant». Un magal à leur manière. Et ils viennent même de l’étranger pour participer à cette fête. De teint clair, habillé en boubou blanc, couleur de la pureté, Moussa Ndoye est parmi les «dieuwrine (dignitaires)». Cet homme ayant dépassé la trentaine est, spécialement, venu de la France pour le Magal. «On vit le Magal comme tous les mourides suivant les instructions de Cheikh Ahmadou Bamba. Le saint homme avait exigé le récital de coran, les khassaides, les zikrs etc. et spécialement avec Cheikh Ndiguel Fall, on fait une avant-première cette nuit du vendredi (13 février 2009), un grand Thiant est organisé, où le nom de Dieu, ALLAH, est loué», a-t-il confié avec ferveur et abnégation. Et d’ajouter : «le jour du grand Magal, on refait la même chose (récital coran, «Mberdé» (de la bonne bouffe à gogo) afin de rendre grâce à Dieu qui nous donne chaque année la capacité de le fêter».
C’est la veille du Magal. Les Baye Fall organisent un «thiant». Un magal à leur manière. Et ils viennent même de l’étranger pour participer à cette fête. De teint clair, habillé en boubou blanc, couleur de la pureté, Moussa Ndoye est parmi les «dieuwrine (dignitaires)». Cet homme ayant dépassé la trentaine est, spécialement, venu de la France pour le Magal. «On vit le Magal comme tous les mourides suivant les instructions de Cheikh Ahmadou Bamba. Le saint homme avait exigé le récital de coran, les khassaides, les zikrs etc. et spécialement avec Cheikh Ndiguel Fall, on fait une avant-première cette nuit du vendredi (13 février 2009), un grand Thiant est organisé, où le nom de Dieu, ALLAH, est loué», a-t-il confié avec ferveur et abnégation. Et d’ajouter : «le jour du grand Magal, on refait la même chose (récital coran, «Mberdé» (de la bonne bouffe à gogo) afin de rendre grâce à Dieu qui nous donne chaque année la capacité de le fêter».
Les astuces des expatriés pour venir au Magal
Son petit frère, Ibrahima Ndoye est quant à lui-aussi spécialement venu des USA. Vêtu d’un boubou multicolore, cet étudiant en communication à Oklahoma City n’hésite pas à sacrifier ses cours pour le grand Magal. «Je ne peux pas estimer ce que le Magal représente pour moi. J’ai sacrifié mes cours, mon travail juste pour assister au Magal», a confessé Ibrahima Ndoye. Ce jeune Baye Fall vit aux USA depuis 5 ans maintenant. Depuis qu’il est au pays de l’oncle sam, il avait l’habitude de fêter le grand Magal avec ses frères musulmans dans le cadre d’un Dahira à Oklahoma City. Mais, maintenant, il n’est plus question. Il faut trouver des astuces et des subterfuges pour venir à Touba et à «Niary Baye Fall». L’étudiant en communication de révéler : «nous faisons en sorte que notre période de congé coïncide avec le grand Magal de Touba. Les sénégalais s’organisent pour bénéficier de réduction dans les agences de voyages étrangères».
Son petit frère, Ibrahima Ndoye est quant à lui-aussi spécialement venu des USA. Vêtu d’un boubou multicolore, cet étudiant en communication à Oklahoma City n’hésite pas à sacrifier ses cours pour le grand Magal. «Je ne peux pas estimer ce que le Magal représente pour moi. J’ai sacrifié mes cours, mon travail juste pour assister au Magal», a confessé Ibrahima Ndoye. Ce jeune Baye Fall vit aux USA depuis 5 ans maintenant. Depuis qu’il est au pays de l’oncle sam, il avait l’habitude de fêter le grand Magal avec ses frères musulmans dans le cadre d’un Dahira à Oklahoma City. Mais, maintenant, il n’est plus question. Il faut trouver des astuces et des subterfuges pour venir à Touba et à «Niary Baye Fall». L’étudiant en communication de révéler : «nous faisons en sorte que notre période de congé coïncide avec le grand Magal de Touba. Les sénégalais s’organisent pour bénéficier de réduction dans les agences de voyages étrangères».
La lumière gît sur les «Ceedo»
C’est dans cet élan que se présente, le petit fils de Mame Cheikh Ibrahima Fall. Il est surnommé «Lamp», la lumière qui éclaire la vie. De lignée princière Ceedo, Cheikh Ndiguel Fall est l’idole des baye fall de la jeune génération. Sa demeure se distingue particulièrement dans cette vaste résidence. Il crèche dans une maison en étage, peinte en jaune. Celle-ci comporte une grande cour, juste après la porte d’entrée.
C’est dans cet élan que se présente, le petit fils de Mame Cheikh Ibrahima Fall. Il est surnommé «Lamp», la lumière qui éclaire la vie. De lignée princière Ceedo, Cheikh Ndiguel Fall est l’idole des baye fall de la jeune génération. Sa demeure se distingue particulièrement dans cette vaste résidence. Il crèche dans une maison en étage, peinte en jaune. Celle-ci comporte une grande cour, juste après la porte d’entrée.
Touba, la Félicité se répand sur terre
Entouré de sa garde rapprochée, l’homme est habillé d’un simple boubou blanc. Trois chapelets dont deux en bois, et un autre de couleur argenté sont autour du cou. Il s’installe majestueusement dans un fauteuil qui trône dans le salon.
Ainsi, il se prête dans une totale humilité à nos questions. Selon le cheikh, l’affluence des disciples se justifie par cette philosophie «Mouride NDIGUEL». Le khalife des Baye Fall de souligner : «ce sont des mourides. Ils croient en Cheikh Ahmadou Bamba. Ce dernier avait demandé que le nom de «Touba» qui signifie «Félicité» en arabe soit répandu, et c’est ce qui est en train d’arriver. Il a aussi demandé que les gens soient méfiant par rapport aux djinns et aux personnes sataniques».
Entouré de sa garde rapprochée, l’homme est habillé d’un simple boubou blanc. Trois chapelets dont deux en bois, et un autre de couleur argenté sont autour du cou. Il s’installe majestueusement dans un fauteuil qui trône dans le salon.
Ainsi, il se prête dans une totale humilité à nos questions. Selon le cheikh, l’affluence des disciples se justifie par cette philosophie «Mouride NDIGUEL». Le khalife des Baye Fall de souligner : «ce sont des mourides. Ils croient en Cheikh Ahmadou Bamba. Ce dernier avait demandé que le nom de «Touba» qui signifie «Félicité» en arabe soit répandu, et c’est ce qui est en train d’arriver. Il a aussi demandé que les gens soient méfiant par rapport aux djinns et aux personnes sataniques».
Un symbole de la paix
Recevant une délégation de talibés de plus d’une vingtaine de personnes venue de la lointaine Casamance. Le cheikh d’indiquer «ce que vous voyez là, c’est un symbole de la paix dans cette région. Ces gens ont parcouru des kilomètres dans l’unique but de répondre à l’appel du fondateur du Mouridisme, qui est lui aussi symbole de paix et de sagesse».
Les talibés de «Ndiguel» sont connus pour leur parcours de combattant qu’ils effectuent le jour du Magal. En effet des bols remplis de mets sont transportés sur la tête des talibés de Mbacké à la grande mosquée de Touba distant de sept kilomètres. «Ce geste est un héritage que nous a légués notre grand père Mame Cheikh Ibra Fall. Les repas sont destinés aux infortunés. Et l’action se perpétuera dans le temps tant que le bon Dieu nous donne les moyens et la capacité de le faire» a fait savoir le guide des Baye Fall.
Recevant une délégation de talibés de plus d’une vingtaine de personnes venue de la lointaine Casamance. Le cheikh d’indiquer «ce que vous voyez là, c’est un symbole de la paix dans cette région. Ces gens ont parcouru des kilomètres dans l’unique but de répondre à l’appel du fondateur du Mouridisme, qui est lui aussi symbole de paix et de sagesse».
Les talibés de «Ndiguel» sont connus pour leur parcours de combattant qu’ils effectuent le jour du Magal. En effet des bols remplis de mets sont transportés sur la tête des talibés de Mbacké à la grande mosquée de Touba distant de sept kilomètres. «Ce geste est un héritage que nous a légués notre grand père Mame Cheikh Ibra Fall. Les repas sont destinés aux infortunés. Et l’action se perpétuera dans le temps tant que le bon Dieu nous donne les moyens et la capacité de le faire» a fait savoir le guide des Baye Fall.
Ndèye Maty Diagne (Stagiaire)
Source: pressafrik.com
Le Culte du Baye Fall
Le
Baye Fall, selon l'image que s'est forgée la pensée populaire de ceux
qui vivent de loin les réalités de sa vie, est trés souvent perçu à
travers des déformations multiples... Le véritable Baye Fall s'oppose
au vagabondage et mène une vie austère qui le détache de tous les
interdits. le Baye fall applique à la lettre le principe du "Jebbelou";
c'est à dire de soumission, qui le lie à son marabout. En trouvant le
fondateur du mouridisme (Cheikh Ahmadou Bamba) à la suite de moult
tribulations, Cheikh Ibra a parfaitement symbolisé ce credo.
Le
comportement de ce disciple hors pair sera marqué au fil des années par
l' abnégation totale face aux biens de ce monde et le respect
scrupuleux des recommandations du marabout. Le travail, parce qu'il
permet le dépassement de soi dans l'effort, est le premier credo du Baye
Fall. Aujourd' hui comme hier, les vrais Baye Fall continuent à
défricher chaque année des centaines d' hectares, en abbattant en une
journée des superficies importantes. Cette ardeur au travail est
ensuite investie dans le champ du marabout ou le lopin de terre
communautaire. La production agricole du Sénègal a du reste connu des
performances légendaires grâce à ces soldats de la foi au zèle inégalé.
Sur le plan culturel, l'originalité des Baye Fall dépasse les
frontières du Sénégal et fait même école ailleurs. Sa chevelure hirsute
aurait inspiré les rastas... Le petit gourdin qui l' accompagne est
utilisé depuis l' époque où le port d'armes blanches était proscrit.
Quant à la ceinture, elle permet de caler l' estomac pour mieux
résister à une longue journée de labeur ou une interminable nuit de
litanies à la louange de Dieu. Parmi les autres objets qui donnent à
ce sympathique chevalier de la foi son aspect authentique, le bonnet et
le talisman sont bien les plus remarqués. L' un est souvent noir avec
une pouffe à son pendant; et l' autre par le travail artistique et
raffiné des cordonniers, se ballote au bas ventre symbolisant toute la
fierté du disciple. En outre, ces hommes sont tous farouchement
retranchés dans le cadre culturel découpé par le mouridisme. La langue
"wolof" qu' il parle, ne souffre en général d'aucune intrusion de
langues étrangères.
D' ailleurs le Baye Fall cultive une nette
démarcation vis à vis des cultures occidentale et arabe. Durant les les
moments de grande ferveur religieuse, il arrive qu' un disciple à la
sensibilité élevée tombe en transes...Et lorsque c'est le choc
véritable des ondes spirituelles, quelle que soit l' intensité de ses
efforts, le Baye Fall cognant durement contre un arbre ou un mur, en
sort sans la moindre éraflure. Ce phénomène échappe aux explications
rationnelles... Foncièrement communautaire, la confrérie des Baye Fall
entretient jalousement une réputation de solidarité, qui fait de
chaque membre le maillon d'une chaîne ininterrompue.
La contribution de
tous est une règle d' or, pour réaliser une oeuvre ou faire face à un
évènement social. Ainsi, en plus de l' investissement humain qui
mobilise le maximum des effectifs humains, les "kureel" (petits
groupes), sillonnent les villages et les villes pour collecter les
souscriptions; c' est ce qu 'ils appellent le " majjaal". Les sommes
recueillies ne sont amputées d' aucune charge et viennent en complément
aux efforts dejà consentis par le groupe. Elles seront vérsées ou à la
trésorerie ou directement au marabout qui gère la réalisation de l' œuvre.
C' est en dernier ressort, autour de ce chef religieux que
gravite toute la vie de la communauté. Formé à travers diverses écoles
traditionnelles ( daara), le marabout Baye Fall est souvent un fin
lettré doublé d' un homme d' action, peu enclin aux génuflexions
quotidiennes qui rythment la prière. Le chapelet toujours à la main, il
s'adonne cependant à longueur de journée à des oraisons dont il
détient seul les secrets.
lundi 4 novembre 2013
Le Baye Fall (ou Baay Faal), une branche de la Confrérie des Mourides fondée par Cheikh Ibrahima Fall
Culte
musulman dérivé du mouridisme, le mouvement Baye Fall a été créé par
Ibrahima Fall, lui même adepte de Cheikh Ahmadou Bamba. Il voue un
pouvoir total et une croyance absolue en Dieu et au marabout (messager/parole de Dieu).
C'est une forme de religion détachée de toutes possessions matérielles, où l'on fait les choses pour Dieu et non pas pour ou en fonction des autres. Tout se partage, le don de soi est naturel, et la foi en l'humain est essentielle. Le travail est pour eux une valeur très importante.
« On ne naît pas Baye Fall, on devient Baye Fall » –, le Baye Fall est essentiellement issu du monde wolof. Ibrahima Fall était wolof musulman, faisant partie de la noblesse Garmi. C'est ainsi que de nombreux éléments de cette tradition wolof (thieddo) à laquelle il appartenait ont été introduits dans la culture Baye Fall, notamment les locks (Njañ), la large ceinture autour de la taille, les boubous, les toges multicolores (Njaxaas), les chants religieux rythmés exactement comme les chants wolofs (Zikar), etc...
Les Baye Fall d'origine portaient toujours une arme blanche, de type sabre, machette ou hache, pour se défendre ou pour les travaux agricoles. L'administration coloniale française au Sénégal, au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, interdit le port d'armes blanches, par crainte de l'utilisation de ces armes par les Baye Fall lors d'éventuelles révoltes. C'est ce qui explique le port du gourdin chez les Baye Fall d'aujourd'hui, qui a remplacé l'arme blanche.
Le Majjal fait partie des rites Baye Fall. Il consiste à faire la ronde dans le but de mendier, par groupes restreints (Kureel), afin d'acquérir et d'apprendre l'humilité, la souffrance.
À la différence des autres musulmans, les Baye Fall n'ont pas d'obligations de prières ou de rituels religieux et vivent de Zikar (chants religieux) qui sont des louanges à Allah, au Prophète Mahomet, à et ses descendants, à Mame Cheikh Ibrahima Fall et ses descendants, etc. Les Baye Fall authentiques sont de fins lettrés, ayant une parfaite connaissance du Coran. La langue wolof qu'ils parlent est pure ou très peu altérée par les langues étrangères. En outre, contrairement à beaucoup d'autres musulmans, il ne font pas d'amalgame entre la religion musulmane et la tradition arabe, ils tiennent beaucoup à la tradition africaine. La relation qu'ils entretiennent avec leur marabout, à leurs yeux parmi ce qu'il y a de plus cher, est illustré par le principe du Njebellu, le respect envers le maître spirituel et de ses recommandations.
Source: tawfeh.com
dimanche 3 novembre 2013
L’hommage à Cheikh Ibra Fall par Serigne Moussa KA
Serigne Moussa Ka a écrit ce poème
de 70 vers pour rendre un hommage à Cheikh Ibrahima
Fall après son rappel à DIEU. Un poème en
wolof qui retrace la vie de celui qui fut un disciple et
compagnon de Cheikh Ahmadou Bamba. Il débute par la
présentation de Cheikh Ibra Fall qui éprouve une
grande soif spirituelle et qui veut accéder à DIEU.Pour
ce faire il a besoin d’un Maître spirituel. Le
récit commence donc par la quête de Cheikh Ahmadou
Bamba, ce guide là qu’il a vu dans un rêve
et que DIEU lui a indiqué.
Le récit s’appesantit également sur la rencontre avec le maître et l’allégeance. La
vie antérieure à la quête d’un maître par Cheikh Ibra
Fall ne retient pas l’attention du poète. Il commence
juste son récit par la théâtralisation de la quête du
maître.
Après la rencontre et l’allégeance de Cheikh
Ibra Fall précédé d’un échange très épique
entre les deux personnages, le poète présente le quêteur
en pleine action dans des services devant le mener à
l’agrément de Dieu auprès du Maître.
Son
impact auprès des autres disciples et auprès des ses
parents imbus des valeurs de l’aristocratie locale
constitue une partie importante du récit. Serigne Moussa
Ka termine par montrer comment le service rendu auprès du
Maître lui a permis d’impétrer l’agrément de Dieu par la
victoire finale qu’est son séjour au Paradis, dans le rang
des vertueuses créatures.
![]() |
| Serigne Moussa KA |
Les rapports entre maître et disciple dans l’univers du Mouridisme : une innovation ou une réhabilitation.
Il
s’agira de scruter l’histoire du soufisme pour voir
comment les grands maîtres de la gnose éduquaient
spirituellement leurs disciples, de faire un parallélisme
avec notre cas ici présent et de dégager les similitudes
et différences.
L’impact de l’allégeance de Cheikh
Ibrahima Fall dans la révélation de la dimension
charismatique de Cheikh Ahmadou Bamba et dans le
changement comportemental des autres disciples.
Cheikh
Ibra Fall n’est pas un disciple ordinaire. Il était un
grand érudit qui maîtrisait à fond le Coran et les
Sciences connexes, il a été habité par la soif ardente de
trouver un Maître auprès de qui il pourrait œuvrer afin
d’accéder aux plus hautes cimes des sublimes honneurs que
DIEU réserve à ses grands serviteurs.
Au
vu de sa dimension spirituelle élevée, il ne pouvait
avoir comme guide, qu’un Maître au rang exceptionnellement élevé auprès
de DIEU. Voilà la raison pour laquelle les recherches de
Cheikh Ibra Fall pour trouver son Maître Cheikh Ahmadou
Bamba ont été longues et ardues. Leur rencontre a marqué
un tournant décisif dans l’évolution du mouridisme
et dans l’ordonnancement des rapports entre Cheikh Ahmadou
Bamba et ses disciples.
L’impact de la
rencontre et le compagnonnage dans le ré-dimensionnement
des rapports maître et disciple constitue un point important
qui mérite attention
PAROLES ET ENSEIGNEMENTS DE CHEIKH IBRAHIMA FALL
Extraits de Jazbul Mouride ou l’attirance des mourides vers le service des guides spirituels
Extrait 1 -
Celui qui parmi vous a une bonne intention n’a qu’à agir, sinon son
intention serait comparable à un nuage sans pluie, car si vous n’avez
pas la chance de voir la Kâba la mosquée devrait vous suffire. Il y’a
des gens qui se sont détournés des Saints, donc des avantages de DIEU
dont ceux ci sont dépositaires et se sont consacrés à l’acquisition des
biens que sont les champs et les animaux par amour des plaisirs d’ici
bas. Ceux là se sont détournés de la vérité, de la balance des faits du
jour dernier et sont occupés à satisfaire les besoins de leur ventre,
ce qui ne représente aucune utilité ni au moment où l’Ange extrait
l’âme, ni au moment de l’enterrement, ni le jour de la résurrection au
sujet duquel DIEU nous prévient dans ce verset :" Le jour où la richesse et la progéniture ne serviront en rien, où seul sera sauvé celui qui viendra avec un cœur pur."
Extrait 2 -
Préparez vous à effectuer le voyage à la recherche d’un CHEIKH afin de
vous accrocher à la corde qui mène au droit chemin, car si vous ne
voulez pas vous absenter de vos maisons, soyez sûrs qu’un jour vous en
sortirez pour rejoindre vos tombes. Souvenez vous toujours de ce verset
du Coran qui dit : "Ont trouvé le chemin du Salut ceux qui
craignent DIEU, qui croient au mystère divin, qui s’acquittent de leur
prière et qui dépensent dans la voie de DIEU des dons qu’ils détiennent
de lui."
Extrait 3 -
Ô musulmans ne soyez pas comme les chefs temporels, les bédouins
incrédules ou ceux qui ne s’occupent que de commerce et méditez les
paroles divines suivantes : "Un musulman peut il être comme un
pervers ? Non ils ne sont pas pareils" " Le meilleur d’entre vous, pour
DIEU est celui qui le craint le plus " Seriez-vous comme les
associateurs qui courent derrière l’argent toute leur vie, depuis leur
naissance jusqu’à leur mort et qui marient filles après filles ? Ils
n’auront que regret si une calamité ou un animal féroce les leur
arrache ... "
Extrait 4 - Le salut du mouride réside dans les six actions suivantes :
- la foi,
- l’optimisme,
- le dynamisme dans le dévouement,
- la dépense (sacrifice),
- l’humilité,
- le respect des recommandations du CHEIKH.
Si tu respectes ces conseils tu attireras les coeurs vers toi. Ajoute à cela ces conseils supplémentaires :
-
Ne te plains jamais de ton infortune et respecte scrupuleusement ce
que ton CHEIKH t’a choisi qu’il s’agisse de ce qui est manifeste ou de
ce qui est caché.
- En d’autres termes il faut
consacrer trois choses dans l’action de DIEU : ta force, ta richesse
et ton intelligence, cela t’assurera l’ascension vers DIEU comme le
mentionne ce verset " Je n’ai crée les Djinns et les hommes que
pour qu’ils m’adorent" - Toi le musulmans qui sème (qui investit) dans
la voie de DIEU, ne confonds pas la terre ardue et la plaine, la mer
et l’abreuvoir, et ne confonds pas les sources d’eau et les puits ;
celui qui échangera la vie éternelle contre la vie d’ici bas n’aura que
regret, car DIEU rappelle dans ce verset " Que l’au-delà est meilleur et plus durable ".
Extrait 5 -
Il est recommandé à tout musulman : - de veiller aux liens de
parenté, car comme mentionné dans un hadith cela procure la santé et ôte
du corps certains maux - de ne pas médire ses parents ; et de les
aider aussi bien dans leurs affaires qui touchent à la vie qu’à celle
qui touchent l’adoration de DIEU, car comme l’enseigne ce verset " Les musulmans sont des frères, installez la paix entre vous et craignez DIEU, peut être bénéficierez-vous de sa grâce ".
Le
musulman doit aussi respecter ses voisins, faire du bien à leur égard,
éviter de les injurier ou de faire des actions blâmables à leur
endroit ; il doit éviter de les médire, de les calomnier, de les
déranger ou d’être jaloux des dons que DIEU leur à accorder. Il doit
aussi les aider s’ils sont dans le besoin qu’il s’agisse d’aumône ou
d’aide dans la réparation de leur maison ; il doit leur ouvrir sa porte
chaque fois qu’ils en expriment le désir et bien les accueillir s’ils
viennent causer ; il doit les conseiller et par delà eux conseiller
tous les autres croyants, car le conseil vaut pour les gens pieux plus
que la guerre sainte (jihad).
Le musulman
est tenu d’être généreux envers les pauvres et les orphelins (...) ; il
doit avoir de la compassion pour les esclaves de la même façon qu’il
éprouve ce sentiment pour ses femmes et enfants ; Il s’occupera d’eux
et les protègera en se référant aux paroles suivantes du Prophète : "Vous tous vous êtes des bergers et chaque berger devra répondre de son troupeau".
PORTRAIT PHYSIQUE & MORAL DE CHEIKH IBRA FALL
Au
physique, Cheikh Ibra Fall était d’un teint très noir et avait une
abondante chevelure. Il avait un visage toujours serein, qui reflétait
une douce paix intérieure.
Dans ses
yeux illuminés par une douce lumière, se lisait la profonde
détermination d’un homme qui avait trouvé le sens de sa vie et qui
entendait opiniâtrement se consacrer à la réalisation des objectifs que
cela impliquait.
Sans
être extraordinaire, sa forte stature imposait le respect. Cheikh Ibra
Fall était en réalité un homme très soigné de sa personne. Ceux qui
l’ont connu ont attesté que si sa vêture n’était pas particulièrement
élégante, elle était du moins très propre. La vérité est que Cheikh Ibra
était tellement accaparé par son objectif de servir DIEU à travers
Cheikhoul Khadim que les questions liées aux beaux vêtements et à
l’apparence physique n’ont jamais été sa préoccupation.
Très
au fait des exigences et des préceptes de l’Islam, il était très
propre, de corps et d’esprit. Au travail, Cheikh Ibra était
impressionnant : tunique bariolée, ceinturon vissé à la taille,
dégoulinant de sueur et abattant opiniâtrement une tâche que d’aucun
croyait impossible. Cheikh Ibra avait une réputation d’extrême sobriété.
Il se contentait de très peu de nourriture et était très résistant à la
soif, sans préjudice aucun pour son extraordinaire efficacité au
travail, pour le service de Serigne Touba.
PORTRAIT MORAL
Quant
aux traits moraux de Cheikh Ibra, le survol de son périple à la
recherche d’un Maître, révèle une persévérance et une opiniâtreté sans
faille. Quand cette lumière intenable de la recherche d’un Maître
spirituel jaillit dans son cœur, Mame Cheikh, de contrée en contrée,
inlassable se rendait partout où il entendait parler d’un homme de DIEU.
Plein
de discernement, il savait dès le premier contact savoir que ceux qu’il
rencontrait n’étaient point celui qu’il recherchait. Le discernement,
notons le, est une qualité dont sont doués les sagaces. Homme de
conviction, il s’en est remis en tout à Khadimou Rassoul et plus rien
d’autre ne peut plus entrer en ligne de compte. Son attachement à son
Maître et sa volonté de le servir a vite tourné en ferveur
obsessionnelle, à un point tel, que certains en sont venus à considérer
qu’il ne jouissait pas de toutes ses facultés mentales.
Pour
Cheikh Ibra, on ne peut obtenir l’agrément de DIEU qu’en renonçant au
repos, aux biens terrestres, aux douceurs de la vie en famille, etc.
Seule la renonciation pour la face de DIEU et la constance dans son
service peuvent nous valoir le bonheur au jour de la rétribution, car le
monde et ses chimères ne sont que mirages. Ce faisant Cheikh Ibra est
un grand soufi. Les honneurs de ce bas monde, l’amour de la renommée,
les mondanités, n’avaient aucune prise sur lui.
Cheikh Ibra au travail n’avait point le temps pour les futilités ; la psalmodie de la formule sacrée " La illaha illalah
" (mention de l’unicité de DIEU) restait son compagnon lors des durs
labeurs, mais aussi lors de ses pauses. La fidélité de Cheikh Ibra
mérite d’être comptabilisée au nombre de ses vertus morales. En effet
durant tout l’exil du Cheikh, Cheikh Ibra n’a cessé d’être aux côtés de
sa famille. Le fruit de l’ensemble de ses récoltes et de ses tractations
commerciales allait à l’entretien de la famille. Il rendait le plus
souvent visite à Mame Thierno Birahim Mbacké à qui le Cheikh avait
confié la famille, et s’assurait toujours que les greniers n’étaient pas
vides.
Cheikh
Ibra était aussi un champion quand il fallait collecter des fonds pour
la réalisation des grands projet du Maître telle que la construction de
la Grande Mosquée de TOUBA. A lui seul, pendant la phase de collecte des
fonds, il a réuni plus de 800 000 F à cette époque. Pour lui les biens
de ce bas monde son futiles et périssables et ne doivent avoir d’autre
objet que la recherche de l’agrément de DIEU en les mettant au service
de son maître sous forme de dons pieux. Sa sincérité est comparable à
celle du véridique Aboubacar (l’Agrément de Dieu sur lui). En aucun
instant il n’a douté. Il n’a jamais douté que le Cheikh sortirait
victorieux de sa confrontation contre l’ennemi numéro 1 de l’islam,
Satan en l’occurrence. Il ne s’était jamais douté qu’il reviendrait de
l’exil malgré les rumeurs qu’on faisait circuler sur sa disparition.
C’est
Cheikh Ibra Fall qui a révélé aux hommes, la vraie dimension de
Khadimou Rassoul. Sans sa clairvoyance, personne n’aurait bénéficié de
ses immenses bienfaits. Voilà pourquoi il été appelé LAMP FALL, lui qui est cette lampe, ce phare, qui a éclairé la ruée des hommes vers leur Maître. De là lui vient également son sobriquet BABOUL MOURIDINA. En effet, n’a-t-il pas été la porte d’accès vers les bienfaits du fondateur de la Mouridiyyah ?
Tous
ceux qui l’ont connu sont unanimes à lui reconnaître une sobriété en
parole. C’est ainsi que chaque fois qu’il s’adressait à une assistance
ou à des individualités, c’est pour donner des leçons imbues de
sagesses.Des propos succincts mais dont la valeur pédagogique est unanimement reconnue.
Ainsi,
après la disparition du Maître, Cheikh Ibra Fall a expliqué aux membres
de la communauté que personne ne pouvait corrompre la pureté du legs de
Serigne Touba. Il a plutôt mis en garde les talibés contre les dérives
qui risqueraient plutôt de les exclure de fait de ce cercle béni. Pour
se faire comprendre, il utilisait une image qu’on peut ainsi ramasser :
"Le temps viendra où les gens évolueront de façon totalement marginale par rapport à la doctrine de Cheikh Ahmadou Bamba en se prévalant cependant de l’aval et de la force de sa communauté. Mais qu’ils prennent garde car, telle une poule, le mouridisme s’ébrouera souvent. Alors il en tombera lamentablement tous les corps qui lui sont étrangers. Et malheur à ceux-là."
"Le temps viendra où les gens évolueront de façon totalement marginale par rapport à la doctrine de Cheikh Ahmadou Bamba en se prévalant cependant de l’aval et de la force de sa communauté. Mais qu’ils prennent garde car, telle une poule, le mouridisme s’ébrouera souvent. Alors il en tombera lamentablement tous les corps qui lui sont étrangers. Et malheur à ceux-là."
Des directives de Serigne Touba,
disait-il, il n’en restait que deux, incompressibles et sacrées, de
sorte que le mouride doit tout sacrifier pour s’y conformer. Il s’agit
du Grand Magal et de la Grande Mosquée.
" S’agissant de ces deux sortes de ndigël mobilisez-vous sans réserve. Faites ce que vous pouvez et tentez l’impossible ! "
Mais, à propos de toute autre chose,
il invitait les membres de la communauté à une analyse logique des
choses pour discerner ce qu’on doit en accomplir sans trahir sa foi.
Entièrement
pris par le service de Serigne Touba et accaparé par le démentiel
rythme de travail qu’il s’était imposé, Cheikh Ibra Fall en arriva
bientôt à donner à son entourage l’impression qu’il n’avait plus de
temps à consacrer à rien d’autres. Evidemment, pour expliquer un tel
comportement, certains commentaires ne tardèrent pas à mettre en doute
la maîtrise des sciences religieuses et la connaissance du Coran dont on
le créditait. La cinglante réponse qu’il apporta à la superbe de ces "
savants " qui dénigraient ses pratiques, fut la composition de Jazbul
Mouride, un riche traité de Taçawwûf ou d’élévation spirituelle et
morale.
La prestation du serment d’allégeance par Cheikh Ibra Fall
Au vu de sa dimension spirituelle élevée, il ne pouvait avoir comme guide, qu’un Maître au rang exceptionnellement élevé auprès de DIEU. Voilà la raison pour laquelle les recherches de Cheikh Ibra Fall pour trouver un Maître ont été longues et difficiles. Ainsi, Cheikh Ibra Fall, a très tôt concentré son énergie dans la recherche de celui qui pouvait lui donner l’opportunité de se réaliser en donnant corps à l’objectif de sa vie : gagner l’agrément de DIEU à travers le service rendu au Maître qu’Il lui a choisi. Un rêve prémonitoire lui signala que ce maître est sur terre et lui donna instruction d’aller à sa recherche. Une nuit, alors qu’il dormait, il fut secoué en ses termes : " Ibra FALL, va à la recherche de ton Maître Serigne Bamba".
Et cette injonction lui sera répétée par trois fois. Sa quête opiniâtre le mena alors à Taïba Ndakhar, où résidait un grand savant, Serigne Taïba Ndakhar et aussi à Mbacké Kadior.Sa rencontre avec Cheikh Ahmadou Bamba eut lieu dans cette dernière localité, le vingtième jour du mois lunaire de Ramadan de l’an 1301 de l’Hégire (1883).
Aussitôt ses genoux fléchirent, et il fit acte d’allégeance. Chaque fibre de son corps vibrait de la conviction qu’il était en présence de celui que DIEU lui avait indiqué.
La prestation du serment d’allégeance par Cheikh Ibra Fall
Cheikh Ibra Fall dit :
" J’ai tout abandonné, tout quitté, renoncé à tout, pour chercher un Maître qui peut m’assurer l’accès au voisinage du Seigneur [...] Si d’aventure je ne le trouverais pas en vie, je chercherai à identifier son mausolée. Et là, sur ce lieu sacré, avec une détermination inflexible, je consacrerai le reste de mon existence en dévotion et en actes si méritoires que DIEU m’accordera à coup sûr, le bénéfice du service que j’aurais accompli à ses côtés si je l’avais trouvé vivant. A présent je fais acte d’allégeance auprès de toi. Je proclame que, de ce bas monde, je ne veux même pas, en biens, l’équivalent du poids d’un cheveu. Mon unique préoccupation est DIEU et ma demeure dans l’Au-delà. "
A ces propos qui traduisent la profondeur et la sincérité de l’allégeance de Cheikh Ibra, Serigne Touba répondit :
"Sache Ô toi Ibrahima Fall, que nous avons la même résolution. Mon guide, mon phare est Seydina Mouhammed (Paix et Salut sur Lui). Si d’aventure, je n’avais trouvé sur cette terre rien qui atteste de son existence, comme le Coran, les Hadiths, etc., il me suffira de la certitude que le même ciel, les mêmes astres que je vois ont, un jour, surplombé son auguste personne, pour me consacrer à son service. Et j’affirme que, par ce service, j’aurai obtenu l’agrément de DIEU. J’agrée donc ton allégeance, mais à une condition, cependant : tu exécuteras à la lettre tout ce que je te commanderai et tu éviteras soigneusement tout ce que je t’interdirai. Plus rien de ce bas monde ne sera ta préoccupation. Seul DIEU occupera tes pensées et remplira tes intentions. Cela signifie que tu n’as rien à espérer comme biens en cette terre. Pas même un abri pour te procurer de l’ombre, à plus forte raison une maison. Ne pense pas à fonder une famille. La raison est que, si tu veux obtenir la réalisation des vœux que tu as exprimés, tu ne dois plus rien désirer de ce monde périssable. "
Les rapports maître et disciple
Dès que Cheikh Ibra rejoignit le groupe des talibés de Cheikhoul Khadim, la vie de la communauté fut bouleversée. Il témoigna tant de respect, de vénération et de dévouement à Serigne Touba que bientôt tout le monde se conforma à son exemple.
Désormais, personne n’osa plus regarder le guide dans les yeux ou s’asseoir sur le même niveau que lui. Finies les plaisanteries, les familiarités et autres marques de camaraderie. Un nouveau style de rapports avec le guide était né. La même déférence respectueuse, la même vénération indescriptible, la même confiance aveugle, les mêmes marques d’attachement viscéral dont Seydina Mouhammed (P.S.L.) était entouré par ses compagnons, furent bientôt dévolues à Serigne Touba par son entourage. Telle est la voie de la soumission. D’ailleurs, entre cet entourage et Khadimou Rassoul, il n’y eut plus que des liens de soumission absolue, inconditionnelle, envers un Maître respecté et vénéré. Ses parents et sa famille directe, eux-mêmes, étaient logés à la même enseigne. Voila qui rappelle dans l’Islam l’épisode de Houdaybiya, ou le pacte de la pleine satisfaction conclu entre le Prophète et les compagnons en 630, soit l’an huit de l’hégire. Le Saint Coran relate en ces termes : Dieu a été réellement satisfait des musulmans lorsqu’ils te prêtaient serment sous l’arbre (S48V18).
Cheikh Ibra Fall a révélé à ses condisciples la vraie dimension de Khadimou Rassoul. Sa clairvoyance, a permis à la foule de disciples de bénéficier de ses immenses bienfaits. Son attitude allait en effet ressusciter le comportement que DIEU avait dicté aux compagnons et qui fonde en Islam la relation maître-disciple.
« Ô vous qui avez cru ! N’élevez pas vos voix au-dessus de la voix du Prophète, et ne haussez pas le ton en lui parlant, comme vous le haussez les uns avec les autres, sinon vos œuvres deviendraient vaines sans que vous vous en rendiez compte. Ceux qui auprès du Messager d’Allah baissent leurs voix, sont ceux dont Allah a éprouvé les cœurs pour la piété. Ils auront un pardon et une énorme récompense. Ceux qui t’appellent à haute voix de derrière les appartements, la plupart d’entre eux ne raisonnent pas. Et s’ils patientaient jusqu’à ce que tu sortes à eux, ce serait certes mieux pour eux. Allah cependant, est Absoluteur et Miséricordieux ». (S49 V2 à 5).
Il a plu à DIEU d’élever Khadimou Rassoul à un rang très élevé. Et ceux qui eurent le bonheur de recevoir de DIEU l’inspiration de lui prêter serment d’allégeance, furent bientôt élevés au-dessus de leurs semblables. Ce sont tous ces Cheikhs dont les descendants sont encore aujourd’hui les grands dignitaires du mouridisme.
CHEIKH IBRAHIMA FALL ou LAMP FALL "BABOUL MOURIDINA"
Cheikh Ibrahima FALL, ou Lamp Fall " Baboul Mouridina ", ou simplement Cheikh Ibra, appartient à cette race de paladins.
Une
vie pleine, ardente, intense, au service d’une cause à laquelle il
s’est donné sans réserve, l’a placé sur les orbites supérieures de la
gloire éternelle.
Cheikh Ibra Fall a évolué auprès de Cheikhoul Khadim sur un registre si extraordinairement élevé, qu’il est extrêmement ardu, pour l’entendement de l’homme ordinaire ne maîtrisant pas la Sharia (Loi pure) et la Haqîqa (Vérité radieuse), d’appréhender les fondements et la profondeur de son engagement, de son insondable renoncement et de son immense don de soi.
Nous
allons nous appuyer sur les témoignages de témoins privilégiés, qui ont
vécu avec lui, et qui ont été eduqués sous son ombre. Nos autres
sources d’informations seront également :
-
les écrits où Cheikhoul Khadim explique les fondements et le
comportement du disciple sincère, recommandations a travers lesquelles
on peut comprendre l’attitude de Cheikh Ibra FALL,
-
ou bien " Minanou Bâqil Qadim " (Les Bienfaits de l’ETERNEL), ouvrage
de Serigne Mouhammadou Bassirou MBACKE qui évoque largement le
personnage,
- ou encore, le témoignage de Serigne Mouhamadou Lamine DIOP Dagana.
A
ces sources hautement fiables, nous ajouterons des éléments recueillis
auprès de grands exégètes du mouridisme, ou encore les thèses les plus
répandues auprès de la majorité des membres de la communauté. Autant de
références, de sources diversifiées qui annoncent déjà l’ampleur de la
tâche à laquelle nous nous adonnons.
Un pari osé dirions-nous. Même si la légende pavée de merveilleux s’est emparée de tout ce qui concerne le personnage, il est aisé de distinguer les faits authentiques qui ont marqué sa vie. Nous fondant sur les enseignements du Prophète de l’Islam (Paix et Salut sur Lui), et sur les recommandations de son Maître spirituel Cheikhoul Khadim, on pourrait prétendre répondre à la question qui était Cheikh Ibrahima FALL.
Un pari osé dirions-nous. Même si la légende pavée de merveilleux s’est emparée de tout ce qui concerne le personnage, il est aisé de distinguer les faits authentiques qui ont marqué sa vie. Nous fondant sur les enseignements du Prophète de l’Islam (Paix et Salut sur Lui), et sur les recommandations de son Maître spirituel Cheikhoul Khadim, on pourrait prétendre répondre à la question qui était Cheikh Ibrahima FALL.
Cette
méthodologie rigoureuse nous permettra d’extirper tous les détails
apocryphes et les exploits fantastiques auxquels la fertilité de
l’imagination populaire a donné un retentissement qui frise l’épopée.
Et, évidemment, tenter de reconstituer l’histoire est un exercice des
plus ardus. Mais tout de même implorons - nous l’assistance de DIEU, de
son Prophète (Paix et Salut sur Lui), et de Cheikhoul Khadim son
Serviteur Privilégié pour y parvenir. La noblesse de la tâche en vaut le
coup.
Quel
est l’intérêt du rappel de la vie de Cheikh Ibrahaima FALL pour les
musulmans, particulièrement pour nous autres mourides adeptes de Cheikh
Ahmadou Bamba ? La réponse est dans la vie des multiples envoyés et
prophètes dont DIEU a gratifié l’humanité. Si parmi eux, certains ont
prêché le verbe, d’autres ne l’ont pas fait, mais ont été des exemples,
mieux les incarnations du modèle et des enseignements véhiculés par
leurs paires.
Le
Saint Coran, dans dans son enseignement n’a voulu retenir que 25
prophètes sur un effectif de 313 pour relater leur vie au Sceau des
prophètes. L’intelligence d’un tel enseignement est que ceux figurant
dans le Coran constituent une base efficiente dont la vie constitue un
creuset de valeurs codifié comme patrimoine universel dans la voie de la
soumission à DIEU. Le Coran a voulu que nous méditions ces expériences
afin de nous en servir dans notre vie de tous les jours, et ce pour
l’éternité. DIEU rappelle le sens de l’évocation de la vie antérieure en
ces termes. " Dans leurs récits, il y’a
certes une leçon pour les gens doués d’intelligence . Ce n’est point là
un récit fabriqué. C’est au contraire la confirmation de ce qui existait
déjà avant lui. Un exposé détaillé de toute chose, un guide et une
miséricorde pour les gens qui croient " S12V111.
Le
Prophète Mouhammad (Paix et Salut sur Lui), marchant sur les traces de
ses prédécesseurs, a réhabilité le message authentique de l’Islam. Parce
que sa mission ne diffère en rien de celle des prophètes venus avant
lui dans l’obéissance à DIEU, le culte exclusif à lui rendre et la
reconnaissance de ses bienfaits, nous n’avons aucune peine à nous y
retrouver. Cette logique reste valable jusqu’à la fin des temps. Comment
n’en serait-il pas ainsi. DIEU dit :" C’est le chemin que DIEU avait tracé à tes prédécesseurs et tu ne trouveras point de changement à la voie de DIEU " S33V62.
Après
la fin de la mission terrestre de l’Envoyé de DIEU (Paix et Salut sur
Lui), tous ceux qui sont venus derrière lui ont inscrit leurs actions
dans la continuité du message de DIEU. Parmi eux, ses vertueux
compagnons qui ont ensemble avec lui implanté les droits de DIEU et des
hommes sur terre et au nombre desquels se distinguent particulièrement
ses nobles khalifes orthodoxes.
Cette
logique de continuité a guidé l’action des pôles (qutb), des
revivificateurs (mujaddid), des saints (awliyâ’u) et des savants
(ulamâ’u). Leur rôle a été compris et magnifié par le maitre de la
mission apostolique, Mouhammed (Paix et Salut sur Lui). Dans un célèbre
hadith, le Prophète (Paix et Salut sur Lui) dit : " Celui qui évoque la vie d’un saint disparu, c’est comme s’il l’avait ressuscité".
Dans un autre hadith qudsî, DIEU dit : "
Quiconque prend pour ennemi un de mes saints, je lui déclare la guerre
". Ces saints sur le sillage de celui dont on suit les traces "Al
Muqaffâ", le Prophète (Paix et Salut sur Lui) en l’occurrence, ont
engagé les communautés de fidèles en les guidant sur la voie de la
recherche de l’agrément de DIEU.
Le Coran a été explicite sur ce trait d’union, véritable lien ombilical entre le passé, le présent et l’avenir. "
Ceux qui se joignirent les premiers au Prophète dans son exil
(Muhâjirûn ) et ceux qui s’empressèrent de les accueillir (Ansârs) ainsi
que ceux qui les suivront dans la bienfaisance, DIEU leur a accordé sa
satisfaction et ils lui ont accordé la leur " (S9V100)".
Le
héros dont nous allons évoquer la vie est effectivement un de ceux qui
ont suivi la voie dans la bienfaisance derrière un guide avéré. Notre
entreprise nous oblige à répondre à un agrégats de questions du genre :
- Qui était vraiment Cheikh Ibrahima FALL ?
- Quelle était sa vraie personnalité ?
- Quelle est sa dimension spirituelle ?
- Quel rôle a-t-il joué auprès de Cheikh Ahmadou Bamba, son Maître vénéré ?
- Bref, que nous a-t-il laissé comme héritage ?
Cheikh
Ibra FALL a rejoint le séjour des bienheureux le 4 ème jour de Muharram
"Âma Tamsashin" - (1349 H.), au soir. Cela correspond à l’an 1930 du
calendrier grégorien, soit exactement 3 ans après Serigne Touba. Son
imposant mausolée, dans la grande nécropole de Touba ne désemplit
jamais, tant Cheikh Ibra est l’objet d’un profond amour.
L’on
ne peut contempler la Grande Mosquée de TOUBA sans que son souvenir
pieux et ému n’envahisse nos cœurs. En effet, le plus grand minaret de
l’édifice, visible à des dizaines de kilomètres comme un phare qui
indique le Salut, a été baptisé par Serigne Fallou Mbacké deuxième
Khalife Général des Mourides, du nom de LAMP FALL en hommage à Cheikh
Ibrahima FALL. Quel hommage plus vibrant pouvait-on rendre à celui qui a
balisé la voie du mouridisme et qui nous a laissé le sublime ZIKROULLAH
qui illumine nos cœurs et repris sans cesse par ses disciples dénommés
"BAYE FALL", ces merveilleux soldats de la foi ?
Depuis
son rappel à DIEU, ses descendants ont perpétué son oeuvre inlassable
faite de dévotion, de soumission et d’abnégation dérrière les dignes
successeurs de Cheikhoul Khadim. Fidèles à la tradition de Cheikh Ibra,
ils sont toujours préoccupés par le perfectionnement de leurs âmes dans
le sacrifice des biens pour plaire à DIEU. "Dieu s’est fait céder par les croyants leurs vies et leurs biens en contrepartie du paradis" (S9V111).
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